Une année à l’étranger, l’envers du décor

Comme certaines le savent peut-être déjà, je suis partie un an au Mexique, une deuxième rhéto pour être précis. Une année très spéciale pour moi, très enrichissante. Et j’ai envie de partager mon expérience. 

 

Avant de partir, j’étais super stressée, j’avais des rêves pleins la tête, je m’imaginais pleins de choses merveilleuses. Je m’imaginais ma famille d’accueil et mes futurs amis à l’école. Quand on dis « je pars au Mexique », ça fait tout de suite « aventure » ! Je m’étais renseignée avant de partir, j’avais eu des échos plus ou moins positif de ceux qui étaient déjà partis, et je savais que beaucoup devaient changer de famille d’accueil car ça n’allait pas. Mais moi, je me disais que ça ne m’arriverait pas, après tout, si je faisais tout mon possible pour m’adapter et m’intégrer, franchement pourquoi il y aurait un problème. 

C’est sur place que je me suis rendue compte que la différence de culture, est une fatalité, mais aussi parfois un GROS problème. Une fois dans ma famille d’accueil, je me suis rendue compte que ma sœur d’accueil n’en avait absolument rien à foutre que je sois là. Que mes parents d’accueil étaient tout le temps fort occupés. Je me suis rendue compte que tout n’était pas si simple et si beau comme je me l’imaginais. En fait, c’est très dur de cohabiter avec des étrangers, sans parler leur langue, sans pouvoir communiquer. Je ne vous parle pas du nombre de fois qu’on a eu des problèmes de communication, qui ont résultés sur des plus gros problèmes. 

A l‘école, c’était aussi totalement différent de ce que je m’imaginais. On m’avait toujours dis que les mexicains me « sauteraient » dessus pour en savoir plus sur moi, car je serais une étrangère dont ils voudront tout savoir. Mais dans mon cas ça ne s’est pas passé comme ça. Je suis arrivée dans une classe nouvelle où personne ne se connaissait. Du coup, tout le monde était nouveau pour tout le monde, et je passais presque inaperçue. J’ai passé ma première semaine de cours avec les larmes aux yeux. C’était tellement dur. C’est vraiment dur à expliquer. Parfois, des filles venaient me parler, mais après quelques phrases simples échangées, la barrière de la langue revenait en force, et barrait le chemin vers une amitié plus vraie. 

Finalement j’ai rencontré une fille de ma classe qui parlait un peu français, je suis donc restée avec elle et ses amies pendant les mois que j’ai passé à aller à l’école. J’avais enfin trouvé ma place. 

J’avais aussi des amis étrangers, deux italiens. Heureusement qu’ils étaient là, on allait parfois faire du sport ensemble, des sorties, etc.

Avec ma famille d’accueil, la situation ne s’est jamais arrangée. Noël approchait, et je ne me sentais toujours pas à ma place, pourtant je parlais déjà mieux la langue et j’arrivais mieux à m’exprimer. Presque tous les étrangers que je connaissais avaient déjà changé 1 ou 2 fois de famille, et je me suis dis que c’était mon tour. Et puis… Noël, les fêtes tout ça tout ça. C’est déprimant quand t’es loin de chez toi.

J’ai donc changé de famille, une autre mentalité, un autre monde. Des gens qui avaient vraiment envie de me connaitre. Bref, je ne vais pas m’étendre sur le déroulement du reste de mon année car ce n’est pas le but de cet article.

Je voulais surtout souligner que partir une année à l’étranger, n’est pas du tout une chose simple. Etre loin de mes proches, n’a même pas été une difficulté en soit, ce qui était le plus dur c’était de n’avoir personne qui me comprenait réellement. Parce qu’il ne faut pas se faire de fausses idées trop positives, aller en famille d’accueil, c’est vraiment plus difficile qu’on ne pourrait le croire, et il faut vraiment avoir de la chance pour tomber sur une bonne famille qui nous correspond. Rare sont les personnes qui ont trouvé du premier coup. Et ça peut être une énorme déception.

J’ai beaucoup appris de mon année au Mexique. J’ai compris que ce n’est pas parce qu’on est étrangère, qu’on est la reine. Que pour nous c’est une expérience de dingue, un truc de malade, mais que pour les habitants sur place, on est juste une personne de plus qui débarque d’un autre pays.

Il faut aussi s’habituer à faire des efforts permanents. Il n’y a pas deux minutes où je me suis dis « voila, tu peux faire ce que tu veux comme tu le veux ». Non. Il faut toujours faire attention à ce que l’on fait, réfléchir avant de parler, se plier aux exigences de la famille d’accueil, essayer de se montrer sous son meilleur jour tout le temps. Et c’est vraiment pas facile tout les jours.

Il faut savoir faire la différence entre les amis, les amis qui veulent plus, les amis qui ne veulent que te connaitre parce que tu es étrangère mais en réalité ils s’en fichent de toi, et les vrais amis. 

Mais j’ai aussi compris que c’est justement le fait que j’ai rencontré des difficultés qui m’ont fait grandir intérieurement. J’ai appris à me débrouiller seule, à trouver les personnes en qui réellement je pouvais faire confiance. Je pense même avoir plus appris que les personnes qui ont eu une année toute rose toute belle (bien qu’elles soient rares honnêtement) car finalement, c’est des épreuves qu’on apprend le plus.

Voilà, je sais que mon article fait fort négatif mais je peux vous assurer qu’à choisir, j’y repartirais ! J’ai connu des personnes merveilleuses, et j’ai des souvenirs magiques. Des souvenirs avec des personnes, des souvenirs de voyage, des souvenirs de situations qui ne se produiront probablement plus jamais dans ma vie. Quand j’étais triste, je l’étais vraiment fort, mais quand je me sentais heureuse, c’était dingue. Les mexicains ne sont pas tous parfaits, mais j’en ai connus des géniaux, et ils me manquent énormément. 

Si vous voulez plus d’infos, ou si vous penser partir au Mexique, n’hésitez pas à me contacter en privé: unefillevege@outlook.com ou a commenter.

Des bisous! ♥

 

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5 réactions sur “Une année à l’étranger, l’envers du décor

  1. Je suis au Mexique depuis 3 ans et demi (marié avec un mexicain), et je trouve ton article très juste. C’est difficile de se faire des vrais ami(e)s quand la culture et la langue sont différents. Je me suis fait une vraie amie et plein plein de copains (par contre faire des copains je trouve ça facile). Je suis maintenant complètement bilingue mais ce n’est toujours pas facile tous les jours, heureusement je suis plutôt solitaire comme fille et mon mari parle français, donc quand j’en ai marre je reste chez moi avec mon chien qui ne comprend que le français, je mange du pâté et des gâteaux (merci maman pour les paquets), je lis des livres en français (merci maman bis), et j’écoute la radio en français (merci la radio en ligne). Ça peut paraître un peu excessif mais c’est salutaire.
    L’expatriation (ou plutôt l’immigration) n’est pas facile tous les jours, tu représentes ton pays (tu es souvent le seul français que certains verront dans toute leur vie, surtout si tu habites à la campagne comme moi), c’est beaucoup de pression.

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    • Je suis totalement d’accord. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai aussi toujours eu plus facile à me faire des amis garçon que des amis fille! C’est vraiment super d’avoir ton avis.
      Mais parfois c’est quand même chouette d’être la seule étrangère justement parce que tu attires l’attention, mais à court terme …
      Tu habites dans quel coin si ce n’est pas trop indiscret ?

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      • J’ai vécu 3 ans à Nayarit et là ça fait 6 mois que je suis à Campeche. Quand j’ai dit »copains » je voulais dire « copains et copines ». C’est sur qu’attirer l’attention ca fait toujours plaisir mais parfois tu aimerais juste que les gens te fichent la paix et qu’on arrête de penser à toi comme « la francesa ». Ma personne ne se résume pas à ma nationalité. C’est le deuxième article de toi que je lis et que j’apprécie du coup je me suis abonnée 🙂

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