Philosophie végétarienne

Réflexions de base pour comprendre l’article : La viande n’est pas indispensable à la santé. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce point, ne lisez même pas cet article et passez vite votre chemin.

Par le mot respect à la vie, j’entends ; laisser le droit à l’animal de vivre sa vie de A à Z et donc ne pas le tuer à un moment de sa vie alors qu’il aurait pu continuer à vivre. Respecter la vie, pour moi, ce n’est pas uniquement bien traiter les animaux pendant leur vie, c’est également ne pas la leur prendre. C’est la manière dont moi je vois les choses, donc je conçois que certaines personnes ne seront probablement pas d’accord (la plupart des omnivores en somme).

Pour les termes de bases que j’utilise dans mon article, notamment la notion de respect et d’amour, je pense pouvoir affirmer que jamais personne n’en aura la même vision/signification. Je ne peux donc pas partir d’une base entièrement objective. D’ailleurs selon je ne sais plus quel type, que je vois maintenant en cours de philo, la seule chose « objective » c’est le « je ». Donc si vous n’êtes pas d’accord avec ma vision de ces termes, il faudra faire un effort d’identification à ma notion des choses, du moins pour la durée de cet article.

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Voilà, c’est le moment, il est temps pour moi de vous faire découvrir ma philosophie, j’ai beau commenter sur les blogs des autres, j’ai l’impression qu’aucun commentaire que je puisse faire n’aura jamais la clarté d’un bon article bien long et clair.  Ce n’est pas un article technique car j’en ai déjà fait un. Ca fait quelques temps que je vois des articles de personnes qui se justifient de manger de la viande, en citant notamment toutes les bonnes choses qu’elles font avec les animaux, la super manière dont on les traitent, etc…  Mon but n’est pas d’aller détruire tous leurs arguments et de provoquer une mini guerre civile bloguesque, mais plutôt de m’exprimer librement, et avec un espace adéquat. Je me suis demandé, mais pourquoi ce type d’article augmente t’ils ? Y a-t-il plus de végétariens qui remettent les gens en questions ?  Les gens sentent-ils que qq chose cloche et ont envie de se justifier ? Dans tous les cas, c’est bon signe pour les animaux.

En tout cas, certaines idées reçues me dérangent à propos des végés et j’avais envie de partager ma vision des choses. 

 

Pour commencer, il faut absolument se rendre compte qu’il y a DEUX catégories à ne pas confondre : la protection animale ET le végétarisme/végétalisme/véganisme. On peut très bien protéger les animaux, être super avec eux, mais quand même les manger. Tout comme on peut être végétarien, et traiter mal les animaux (mais ça me semble bizarre quand même). Les deux sujets sont quand même étroitement liés, car c’est souvent en passant par la case « je suis choquée de la façon dont les animaux sont traités » qu’on vire à la case « j’arrête d’en manger ». Mais bon soit, ici je vais juste parler de mon état d’esprit végéta*ien. (Oui je n’arrive pas vraiment à me définir, je suis un peu entre le végétarisme, le végétalisme et le veganisme).

Ensuite, il faut arrêter de faire circuler le cliché « végétarien= amoureux des animaux ». Moi je suis végé on ne peut plus convaincue, et les animaux, bha, à part mes chats, j’men tape pas mal. Je les aime pas plus que ça, je n’ai pas de grande affinité avec. MAIS, oui parce qu’il faut un mais, je respecte leur droit à la vie. Ca ne va pas plus loin. Je considère que tous les animaux, même les animaux moches et cons, ont droit à avoir une vie correcte de A à Z avec une mort naturelle. Donc, le cliché des végés qui ne jurent que par le dieu des animaux, c’est pas le cas pour tout le monde.

Prosélytisme ?

Je vais commencer par parler de cela, car c’est souvent le reproche principal qu’on fait aux végétariens (Avec l’agressivité biens sur). Ca peut paraitre dingue, mais la première impression qu’on a en tant que végétarien quand on commence, c’est « mais pourquoi personne n’en parle ? Pourquoi tout le monde s’en fou ? », on a donc très très envie de communiquer notre nouveau mode de penser aux autres. On est persuadé d’avoir trouvé une solution absolument géniale, miraculeuse, et assez simple pour arrêter la souffrance animale, comment ne pas vouloir partager cela quand on en prend conscience ?! Evidemment, les débats sur le végétarisme, ce n’est pas ce qui manque. Mais les explications profondes sur les raisons qui poussent au végétarisme, je n’en vois jamais. On voit des publicités pour faire des dons au Televie ou à la croix rouge etc, mais des publicités pour faire des dons pour des animaux, jamais. C’est vraiment frustrant. C’est pourquoi on essaye de faire passer l’information par nous-même. Alors certains exagèrent peut-être en en parlant trop, mais en règle générale, le végé sait très bien que la populace n’a pas souvent envie de parler de ça, et ferme donc très souvent la bouche. En tout cas, c’est mon cas. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai un blog ; pour pouvoir m’exprimer librement, car dans la vrai vie, pas question de dire le mot « tabou » sous peine de provoquer des crises familiales ! (je pèse mes mots).

Dans la grande majorité des cas, les végés ne font pas de prosélytisme. Comme moi actuellement, j’informe dès que possible, si j’entends le mot « végé » j’accours pour glisser des petites infos par ci par là, mais jamais je n’agresse les gens. Mais bon, pour la plupart des gens, parler végétarisme revient à de l’agression et du jugement, donc tout dépend de ce qu’on entend par le mot « agression », car les gens n’aiment pas trop qu’on vienne déranger leurs habitudes alimentaires. Dans très peu de cas, les gens s’intéressent et posent des questions, mais dans la majorité des cas, une tension est directement palpable. En tout cas, je n’arrache pas les morceaux de viande de mes potes quand ils en mangent pour les jeter à la poubelle, et je n’oblige personne à devenir végé. Au maximum, j’informe et je tente de convaincre. Donc il faut absolument arrêter de penser qu’un végétarien qui ouvre sa bouche est un végétarien agressif.

Sachez que le végétarien est une personne sensible. On a tout simplement découvert un moyen simple et efficace pour pouvoir épargner des vies, et la vie nous parait être un concept tellement important (que ce soit pour les humains, ou pour les animaux), qu’on ne peut pas ne rien faire. La vie, c’est … la vie quoi ! T’en as qu’une, une seule ! Genre la vache qui va à l’abattoir, bha, elle meurt ! Sa vie s’achève pour qu’un humain puisse assouvir un faux-besoin alimentaire ou un besoin gustatif. C’est souvent très difficile de faire comme si de rien n’était. Quand je vois des vaches dans un pré, je pleure souvent. Je suis profondément triste pour elles. Quand je vois des morceaux de viande au supermarché, je m’excuse intérieurement pour ce que ma race fait. Et je me sens impuissante. C’est un terrible sentiment d’impuissance que les végétariens subissent. C’est frustrant, douloureux, et triste.

C’est pourquoi si on fait du prosélytisme, ça me semble justifiable. Des vies sont en jeu, dès lors, où est la limite pour tenter de sauver quelques animaux ? Le végéta*isme, c’est souvent plus qu’une cause, c’est une philosophie de vie.

 

AMOUR ET ANIMAUX : J’aime les animaux, mais je les mange 

Pour moi, cette phrase est contradictoire et me dérange profondément, et surtout, m’attriste… On dirait que ceux qui la disent, font justement tout pour l’affirmer haut et fort pour prouver que c’est possible, mais j’ai toujours eu du mal à comprendre. Quand j’ai posé la question à mes parents (qui sont omnivores), ils me répondaient qu’ils n’avaient jamais songé à cette question, et qu’en effet, il y avait une certaine bizarrerie dans la phrase, un truc qui dérange, un truc qui sonne faux. Je n’arrive pas à comprendre comment il est possible d’aimer un être vivant, puis d’accepter de lui ôter la vie, tout en sachant qu’il est possible de ne pas le faire, pour pouvoir lui laisser la vie libre. Déjà le choix des termes me dérange. L’amour est un sentiment fort selon moi, et il est réduit à pas grand-chose quand on peut l’assimiler à la mort aussi facilement. Car finalement, quand on mange un animal, généralement, c’est pour le gout. Pour avoir un truc bon en bouche pendant quelques minutes, on accepte d’ôter la vie d’un être qu’on aime. Je préfère de loin les omnivores qui n’affirment pas cette phrase avec tant de conviction. Je préfère ceux qui ne savent pas quoi en penser, qui doute un peu mais sans plus, qui se rendent compte que quelque chose est bizarre dans cette phrase, car ceux-là sont susceptibles d’un jour devenir végé.

Pour illustrer cette phrase, nous les végé, on s’imagine littéralement ça : « salut petite vache/cheval/lapin, tu sais, je t’aime. Vraiment je t’aime. Et j’ai le choix entre te laisser la vie libre, ou te tuer pour pouvoir manger un bout de ta peau pendant mon souper. Mais je vais choisir de te tuer (enfin pas vraiment moi hein tu te doutes que je n’ai pas le courage de te tuer moi-même)*, mais tu comprends que je t’aime hein ? ». Alors pardonnez-nous, nous les végétariens, nous sommes surement des êtres trop sensibles. Il faudrait banaliser la mort dans nos têtes, mais on n’y arrive pas. La vie c’est beaucoup trop important pour qu’on puisse se permettre de la prendre, mais alors si en plus c’est en affirmant qu’on aime l’animal qu’on accepte de tuer, ça fait mal. Ca fait extrêmement mal au cœur. Le mot qui me trotte le plus en tête dans ces circonstances, c’est le mot « choix ». On a le choix de les laisser vivre. Et on CHOISI de les tuer. Coup dur.

*Bien sûr il y a exception pour ceux qui tuent leurs animaux eux-mêmes.

 Une habitude trop imbriquée?

Le petit problème, c’est que il y a deux cases « manger viande » et « pas manger viande » et quand on décide de ne rien faire, sous prétexte que on s’intéresse à d’autres causes, ou parce que tel ou tel raison, on est dans la case « manger viande = cautionner souffrance e la financer ». On nait dans cette case-là. C’est pourquoi ne rien faire = faire quelque chose. Je ne sais pas si je me fait comprendre…

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A: viande + végétaux

B: végétaux

Flèche rouge: chemin de réflexion d’un végé.

Il faudrait pouvoir mettre tout le monde dans la case extérieure (C), et que chacun choisisse selon ses convictions, avec du recul et d’information. Mais ce n’est pas le cas. On est trop imbriqué dans la case viande ! Mais alors ça va contre-nature de ne pas manger de la viande ? Non, tout est question d’évolution, si on décide de tous arrêter d’en manger, il y a aurait beaucoup de changements, on passerait de statut d’omni a herbivore, on finirait par s’habituer d’une manière ou d’une autre. Ou bien on deviendrait comme les singes actuels (niveau alimentation).

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que l’instinct de l’omnivore qui mange de la viande, beaucoup ne l’ont pas. Beaucoup mange de la viande parce qu’il suffit de l’acheter en boucherie ou en supermarché, mais combien serait prêt à tuer eux-même l’animal pour pouvoir avoir de la viande ? Qui en aurait la force psychologique ? Selon moi, peu de gens … La mentalité n’est plus la même qu’au moyen-âge … Ce n’est donc pas parce qu’on est omnivore à la base, qu’un changement de statut et de mentalité n’est pas possible.

Pour illustrer cette notion d’instinct de « tuerie » que nous n’avons selon moi pas du tout, voici une phrase qui me parle beaucoup: 

« Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. S’il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une voiture neuve !  » Harvey Diamond.

 

 

Dans le genre top 2 des arguments sans sens des mangeurs d’animaux, je vous présente mes préférés :

 

1)  Question d’implication.  « Il n’y a que moi dans cette affaire, je suis la seule impliquée dans le choix de mon régime alimentaire ». Donc la vache que tu manges, elle n’est pas impliquée dans l’histoire ? Elle est morte pour toi, mais elle n’a aucun rapport ? D’accord.

 

2)  C’est mon choix, donc fou moi la paix. Non non et non. Ce n’est pas rationnel. Alors on pourrait comparer ça à un tueur en série : c’est son choix, donc on le laisse faire ?

 

Bref, vous pourrez constater que c’est parfois dur de garder le sang-froid devant des arguments ainsi.

Je terminerai juste en expliquant en quoi ce n’est pas contradictoire d’être végétarien et de manger des légumes (en comparant avec un carniste qui aime les animaux). La grande différence, c’est que les végés ne disent pas « j’aime les végétaux, mais je les bouffe ». Je n’aime pas les végétaux (en parlant d’amour amour) et je l’assume. Les végétaux, pour moi, c’est de la nourriture et rien de plus. Il n’a pas encore été prouvé qu’ils pouvaient souffrir (et j’en doute énormément), donc jusqu’à preuve du contraire je n’ai aucun soucis à en manger. Mais ce qui est sûr, c’est que je n’affirme pas « aimer » les végétaux.

Pour conclure, je dirais que … si vous trouvez que nous sommes extrémistes et que nous jugeons, dites-vous juste que c’est parce que nous voulons sauver des innocents. Et qu’on est souvent frustrés. Et que les gens sont souvent fermés. Non en fait, mettez-vous plutôt à la place d’une vache en chemin vers l’abattoir et dites-vous que vous auriez vraiment été content qu’un gentil végé vienne vous sauver de cet enfer en ouvrant un peu sa bouche de temps en temps.

PS: j’ai tellement mal aux yeux d’écrire cet article que j’ai vraiment vraiment la flemme de tout relire. Si il y a des incohérences ou des fautes d’orthographe, je m’en excuse.

 

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8 réactions sur “Philosophie végétarienne

  1. Je crois que je ne deviendrais jamais végétarienne parce que je me sens incapables de rééquilibrer mon alimentation pour trouver des protéines et autres (cela dit un petit tour chez un nutritionniste et hop c’est réglé). Mais en fait ce qui me dérange vraiment dans le fait de manger de la viande ce n’est pas tant que les animaux soient morts mais les conditions dans lesquels ils sont morts. Les poulets alignés la tête en bas, stressé, qui ont le temps de voir venir leur mort parce qu’ils voient les autres à côté d’eux se faire tordre le cou, bof quoi. La vache pendue par une patte arrière que l’on égorge mais qui met du temps à mourir en poussant des beuglements… pareil. Par contre un animal qui a vécu dans le respect de l’homme qui l’a « élevé », qui a « bien vécu » et qui est mort avec respect, c’est-à-dire rapidement, sans trop souffrir, d’un seul coup, même pas il sent la mort venir, ça me parait déjà plus «  »juste » » dans le sens où on l’a respecté. Même si au final on le mange, on l’a respecté, ça n’a pas juste été un truc sur quatre patte qui broute vaguement de l’herbe et dont on se fiche de savoir si oui ou non il souffre, mais ça a été un animal que l’on a respecté, dont on a reconnu l’existence. Et, déjà, rien que ça, je trouve que ça serait mieux éthiquement.

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  2. Alors j’attendais ton article avec impatience, je n’ai pas pu venir commenter plus tôt, j’ai eu un emploi du temps chargé 🙂 Bref, ce que tu dis est intéressant mais tu t’en doutes, il y a des choses sur lesquelles j’ai envie de revenir, d’autant que, entretemps, j’ai eu une discussion très intéressante sur ce sujet avec mon compagnon (qui est également horrifié par tout ça). Je vais me permettre de te citer pour te répondre plus précisément 🙂

    « mais pourquoi ce type d’article augmente t’ils ? Y a-t-il plus de végétariens qui remettent les gens en questions ? Les gens sentent-ils que qq chose cloche et ont envie de se justifier ? »
    Je pense que si ces articles augmentent, ce n’est pas du tout par besoin de justification (mis à part chez les personnes un peu trop malléables), mais tout simplement par totale incompréhension des arguments divers et variés des VG (je vais utiliser le terme VG, ce sera plus simple, ça regroupe les végétariens-végétaliens, etc. ça évitera de s’emmêler les pinceaux). Perso’ je ne suis pas végétarienne, je l’ai été pendant quelques années mais je n’ai pas pu continuer pour des raisons personnelles, actuellement si vraiment je dois me coller une étiquette, je suis plutôt une flexitarienne. Voilà, comme ça les choses sont posées.

    « On peut très bien protéger les animaux, être super avec eux, mais quand même les manger. Tout comme on peut être végétarien, et traiter mal les animaux (mais ça me semble bizarre quand même). »
    En effet, on peut tout à fait être une personne se préoccupant du bien-être des animaux tout en mangeant de la viande ou du poisson, ce n’est en aucun cas incompatible. Tout comme le fait d’être végétarien et de maltraiter les animaux (les frapper ou que sais-je encore). Il n’y a rien de bizarre. C’est tout aussi « cohérent » que l’omnivore qui aime les animaux. Pour paraphraser un célèbre politicien « les végétariens n’ont pas le monopole du coeur » 😉

    « c’est souvent en passant par la case « je suis choquée de la façon dont les animaux sont traités » qu’on vire à la case « j’arrête d’en manger ». »
    Là-dessus, je pense que tu as en partie raison mais pas tout à fait. Dans le sens où énormément de personnes sont déjà au courant (ce ne sont pas les reportages qui manquent hein) de comment ça se passe mais ils ne deviennent pas VG pour autant, la majorité va tenter avant tout de « mieux » consommer, et « mieux » consommer ne signifie pas nécessairement : devenir VG. Il y a plein d’autres façons de se battre contre ça ! Le végétarisme n’est pas l’unique solution (et heureusement j’ai envie de dire).

    « il faut arrêter de faire circuler le cliché « végétarien= amoureux des animaux » »
    Encore une fois, je suis d’accord avec toi. Malheureusement, ce sont les VG eux-mêmes (pas tous hein, je ne veux surtout pas généraliser, d’autant que toi, tu es ouverte sur la question et ouverte au dialogue et je trouve ça super), qui font circuler ce cliché en « agressant » les omnivores avec l’argument un peu foireux du « si tu les manges, tu les aimes pas » et désolée mais dire ça, ça revient à dire « moi je n’en mange pas parce que je les aime ». Les mots ont un sens et ont du poids, il ne faut pas l’oublier…

    « Ca peut paraitre dingue, mais la première impression qu’on a en tant que végétarien quand on commence, c’est « mais pourquoi personne n’en parle ? Pourquoi tout le monde s’en fou ? », on a donc très très envie de communiquer notre nouveau mode de penser aux autres. On est persuadé d’avoir trouvé une solution absolument géniale, miraculeuse, et assez simple pour arrêter la souffrance animale, comment ne pas vouloir partager cela quand on en prend conscience ?! »
    C’est là que j’en viens à la discussion que j’ai eu avec mon compagnon. Depuis qu’il a « conscience » de ce qu’il mange et de tout ce que ça implique, il est absolument dégoûté par ce système. C’est-à-dire qu’il voit TOUT ce qu’il y a derrière les produits qu’il trouve dans les grandes surfaces. Que ce soit les barquettes de viande avec la souffrance animale qu’il y a derrière ou les produits fabriqués par des gosses ou même encore la souffrance des personnes qui travaillent à la chaîne en usine depuis 20 ans pour nous proposer des plats préparés afin qu’on soit peinards chez nous… Il en a tellement conscience que ça lui a été INSUPPORTABLE pendant de nombreuses années et il a cru devenir FOU (je ne plaisante pas). Seulement, depuis il a pris de l’âge (il a 35 ans), il n’a évidemment pas accepté cet état de faits, mais compris que sa manière à lui d’y répondre et de réagir était finalement névrotique. En fait, selon lui, lors de ces nombreuses années où il souffrait en permanence de voir tout le dessous des rayons des supermarchés, il était névrosé, obsédé. Alors, oui, ce sont des termes forts mais ce sont ceux qu’il utilise pour décrire son attitude d’antan. Ne pas pouvoir regarder une enseigne Leclerc (je prends un exemple au hasard hein) sans être capable de prendre du recul, faire la part des choses, de ne pas vouloir la crâmer ou que sais-je encore, est réellement une névrose selon lui. Et lorsqu’il me dit ça, il développe en disant tout simplement qu’il cherchait une raison à tout ça, sans arrêt, que c’était insupportable pour lui de se sentir impuissant, que cela virait totalement à l’obsession et il n’arrivait plus à vivre avec ça. Alors, voyant que son comportement n’était pas viable à long terme, il a posé ça à plat sur une table et a réfléchi à tout ça, à sa vision du monde, à ses convictions, il s’est replongé dans la philo, il a pu trouvé des réponses et vivre plus sereinement (même si ce n’est pas toujours simple). Alors, tu vas me dire qu’il ne devait pas être si malheureux et qu’il a juste cherché un moyen de se justifier mais non, je peux t’assurer que non, c’est quelqu’un de très honnête et carré dans ses opinions. Tiens d’ailleurs, il me souffle dans l’oreille qu’il était (et est encore) très sensible aux arguments du végétarisme en général mais qu’il trouve ça quelque peu hypocrite en fait parce que lui, est autant effaré par le traitement réservé aux animaux que par le traitement qu’on réserve aux végétaux. En gros, au nom de quel principe on attribue plus de valeur à la vie animale qu’à la vie végétale. Quelle définition de la vie sous-tend cette différence ? La définition de la vie n’est pas simple, il y a des choses qui ne sont pas à proprement parler, organiques, et qu’on peut, néanmoins, considérer comme des êtres vivants, par exemple le vin (chaque vin est différent, ils n’ont pas tous le même cépage, ils vont mûrir différemment, etc.) Et tu vois, ça, ça le met encore en colère. Il trouve ça profondément injuste cette différence de traitement. Pour lui, les plantes ne sont pas moins importantes que les animaux, les deux sont à respecter, les deux font partie de la Création. Les hommes ont également fait n’importe quoi avec les plantes… Alors, tu vas me demander ce qu’il faisait contre ça, en l’occurrence il voulait tout crâmer (oui, il est radical), mais encore une fois, il s’est replongé dans la philo (il a fait un cursus de philo), notamment dans les écrits de Socrate, et malgré toute sa rage contre ce système, il a compris que « l’agression », les discours « culpabilisateurs », le prosélytisme, etc ne servaient à rien et desservaient même plutôt la cause. Du coup, pour lui il faut en appeler à la responsabilisation individuelle, il ne faut pas dire aux gens « c’est de votre faute » mais maintenir le principe de liberté et de choix individuel et par extension l’esprit de démocratie, je cite « l’état c’est moi, l’état c’est toi ». Il faut en appeler aux grands décideurs, et leur demander pourquoi il y a ceci et cela dans l’alimentation que l’on nous propose. Il faut en appeler aux grandes institutions. D’une certaine manière, il faut résoudre politiquement cette problématique : la majorité semble ne pas vouloir se passer de viande mais en même temps, cette même majorité ne cautionne pas forcément le massacre agro-alimentaire, qui est, pour l’instant, appliqué afin de répondre à la demande alimentaire générale. Il faut trouver un moyen de répondre à cette demande réelle d’une autre manière. Et cela ne peut être réalisable que dans le cadre d’une prise de conscience politique qui s’inscrit dans une action réelle et d’envergure, concrètement. Ceci étant dit, ce ne serait pas pour interdire la consommation de viande mais les atrocités impliquées par cette consommation, les déséquilibres environnementaux, etc. On ne peut, décemment pas, interdire la consommation de viande, tout simplement parce que il y a des personnes qui ont besoin (une réelle nécessité j’entends) de consommer de la viande.
    Je suis désolée pour cette très longue réponse un peu brouillonne, j’espère que tu t’y retrouveras 🙂

    « Mais bon, pour la plupart des gens, parler végétarisme revient à de l’agression et du jugement, donc tout dépend de ce qu’on entend par le mot « agression », car les gens n’aiment pas trop qu’on vienne déranger leurs habitudes alimentaires. Dans très peu de cas, les gens s’intéressent et posent des questions, mais dans la majorité des cas, une tension est directement palpable. »
    Je pense que là tu te trompes, « les gens » se fichent de ce que tu peux leur dire sur leur consommation. Ce qu’ils n’acceptent pas, c’est qu’on les prenne de haut. Et en clamant à tout va « moi j’ai pris conscience », « moi je sais », « toi tu sais pas », « toi, tu n’as pas ouvert les yeux », ou que sais-je encore, il y a un jugement de valeur. Tu dirais à la personne qui te fait face « toi, tu es con, moi pas », ça reviendrait EXACTEMENT au même. Ce que les gens n’aiment pas, c’est qu’on les prenne pour des cons, pas qu’on leur dise « bouh tu manges de la viande, c’est mal », ça ils s’en foutent. La tension vient de la prétention de certains VG qui pensent être plus intelligents que tout le monde et qui n’hésitent pas à humilier publiquement quelqu’un de façon totalement gratuite… Je ne parle pas de toi, rassure toi 🙂 Mais vois-tu, cela m’est arrivé récemment. On m’a très concrètement dit que j’étais stupide. Que je ne comprenais rien à rien. Je suis désolée mais ça, ça instaure directement une tension (peu importe le sujet d’ailleurs). On ne peut pas se permettre de prendre les gens de haut ainsi. C’est irrespectueux au possible (et pour le coup, c’est clair que ça ne va pas faire avancer le débat, et je trouve ça vraiment très dommage car c’est un débat qui mérite justement qu’on s’y intéresse !). Par ailleurs, je pense exactement la même chose des non-VG qui prennent les VG pour des cons et leur disent. Je ne trouve pas ça acceptable. Pour moi, le respect, c’est dans les deux sens 🙂 Et si, justement, je prends la peine de t’écrire tout ça, c’est parce qu’il m’a semblé que tu n’étais pas du genre à prendre les autres pour des cons 😉

    « Sachez que le végétarien est une personne sensible. On a tout simplement découvert un moyen simple et efficace pour pouvoir épargner des vies, et la vie nous parait être un concept tellement important (que ce soit pour les humains, ou pour les animaux), qu’on ne peut pas ne rien faire. »
    Alors là-dessus, je pense que le végétarisme n’est pas la seule solution mais reste à chercher ce qui peut être fait par ailleurs car c’est un combat important. Comme je te disais, je ne suis plus VG mais ce n’est pas pour autant que la vie ne représente pas un concept important pour moi… Loin de là.

    « un humain puisse assouvir un faux-besoin alimentaire »
    En effet, tous les hommes n’ont pas besoin de viande ou de poisson, mais sur tous les hommes vivants sur Terre, crois moi, il y en a aussi une partie qui a réellement ce besoin alimentaire (que ce soit pour une question de santé ou bien encore d’environnement). Par exemple, avec les populations isolées, comment veux-tu faire ? Tu te vois dire aux peuplades de Sibérie que « ah bah non maintenant ça ne va plus être possible de manger du cerf, vous vous démerdez autrement » tout en sachant que s’ils ne peuvent plus en manger, ils vont tous mourir dans les semaines qui suivent ? En fait c’est également une question ethnologique, il faut tenir compte des différents groupes d’humaines de la planète, tout n’est pas si simple 😉 Enfin ça, tu devais déjà le savoir.

    « Quand je vois des morceaux de viande au supermarché, je m’excuse intérieurement pour ce que ma race fait. Et je me sens impuissante. C’est un terrible sentiment d’impuissance que les végétariens subissent. C’est frustrant, douloureux, et triste. »
    Pour cette phrase, je te renvoie à mon immense paragraphe du dessus où je te parle du dilemme de mon compagnon 🙂 Et non, je ne te traite pas de névrosée, rassure toi 😀

    «  »J’aime les animaux, mais je les mange  »
    Pour moi, cette phrase est contradictoire et me dérange profondément »
    En effet, c’est contradictoire mais… c’est possible. Cela dit, je peux comprendre pourquoi ça te dérange. Mais contradiction ne rime pas avec impossibilité.

    « L’amour est un sentiment fort selon moi, et il est réduit à pas grand-chose quand on peut l’assimiler à la mort aussi facilement. »
    Je t’avoue que cette phrase m’a intriguée, pour la simple et bonne raison que l’amour a toujours été intimement lié à la mort, il suffit de relire ses classiques pour voir que la mort et l’amour sont deux concepts très proches. Alors oui, tu vas trouver ça fumeux ce que je dis mais pour résumer « grossièrement » pense à Roméo et Juliette. Enfin, je veux dire par là, que c’est difficile à utiliser comme argument ça car ça implique beaucoup d’autres choses et finalement cela n’a pas grand chose à voir avec le schmilblick.

    « Le petit problème, c’est que il y a deux cases « manger viande » et « pas manger viande » et quand on décide de ne rien faire, sous prétexte que on s’intéresse à d’autres causes, ou parce que tel ou tel raison, on est dans la case « manger viande = cautionner souffrance e la financer ». »
    Pour ce propos, j’ai un peu de mal à comprendre ce que tu veux dire en fait alors si tu as un peu de temps, je veux bien que tu me développes ça 🙂

    Bon je crois que j’ai déjà été beaucoup trop longue, je m’en excuse d’ailleurs mais c’est difficile de faire court sur un tel sujet. J’espère que je suis assez compréhensible et surtout j’espère que je ne t’ai pas blessée car ce n’est nullement le but ! Et j’ai hâte d’avoir quelques éclaircissements parce que le sujet est très intéressant. En tout cas, merci à toi d’avoir pris le temps d’écrire cet article 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Heps, merci pour ton long commentaire hyper instructif et qui franchement m’intéresse bcp. (je viens de le lire) Je commente vite fait juste pour dire que je vais répondre à tout ça dés que j’ai le temps (cad pas tout de suite) mais je commente quand même déja mtn pour pas que tu penses que je ne répondrai jms 😀

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    • Coucou  entre deux examens je trouve un peu de temps pour te répondre !
      Tu dis que ce ne sont pas les reportages qui manquent, la par contre je ne suis pas vraiment d’accord. IL y a des reportages sur youtube, mais à la télé je n’en ai jamais vu… La plupart des gens ignore la cruauté des élevages industriels et ne s’y est jms intéressé. Après bien sur, si de nous-même on fait des recherches sur cela, c’est sur qu’il y a des tonnes de reportages, mais encore faut-il penser à faire la recherche …:/ Et certainement, il y a d’autres manières de lutter contre l’élevage intensif, mais la manière la plus radicale de montrer son opposition c’est tout de même le végéta*isme il me semble.
      Je comprends ton compagnon et tous les revers psychologiques que le fait de « ouvrir les yeux sur la cruauté animale » peut provoquer, au début quand je me renseignais sur le sujet je n’arrêtais pas de pleurer devant des vidéos… Mais donc mtn il est quoi exactement ? Omni ? Ou bien flexitarien ? Il est clair que se torturer l’esprit n’est pas une bonne idée, mais c’est presque inévitable au début … Je dis bien au début, car après un temps, on finit par « s’habituer » et on encaisse … En commençant à travailler dans un supermarché, je pensais que j’allais faire des crises chaque fois que je devrais scanner un morceau de viande, et au final, ça va …
      Et je suis bien d’accord avec toi (ou ton compagnon) quand tu dis qu’il faut laisser le choix, et que c’est plutôt une affaire politique. Mais comme je disais dans mon article, avant de laisser le choix, il faut aussi informer de toute la vérité. (ce qui n’est pas du tout le cas actuellement)
      Et encore une fois, je te rejoins sur le fait que les discours des vg qui se prennent de haut, n’ont pas lieu d’être. Je pense qu’il faut juste informer, et point. Pas juger, même si c’est dur parfois. Par contre, tout le monde n’est pas ouvert comme toi. Quand je suis devenue végétarienne, rien que le fait que je l’annonce, ça créait des débats, des disputes etc dans ma famille et dans ma grande famille. Quand je sortais un steak vg c’était directement « beurk c’est quoi ce truc immonde ». Enfin tu vois … Dur de rester calme parfois ^^
      Et oui bien sur, quand je parle du fait qu’on a le choix de devenir vg, cest pour les pays qui en ont la capacité. Donc les pays modernes. Ceux qui n’ont pas le choix, je ne leur en veut pas du tout de manger de la viande si c’est la seule solution pour qu’ils vivent bien. Mais dans nos pays, je trouve qu’une grosse prise de conscience sur la maltraitance animale (en général) est vachement nécessaire
      Amour et mort … Un sujet compliqué, c’est sûr que c’est lié. Mais je n’irais pas jusqu’à comparer la mort des animaux pour l’alimentation, à l’amour de Roméo pour Juliette (ou l’inverse ? :p ). En tout cas, c’est sur que ce n’est pas un « argument » mais c’est une phrase qui m’a toujours choquée, et qui choque je suppose tous les vg… C’est un peu dur à expliquer mais bon, je suppose que tu comprends vu que tu étais toi-même vg u moment. 
      Quand je parle de 2 cases, « manger viande » et « pas manger » viande et que ne rien faire = faire qq chose, c’est parce que quand tu ne fais rien, que tu ne te poses aucune question sur la viande, et que tu continues ta vie tranquilos, bha tu es dans la case « manger de la viande ». Dès la naissance, quasi tout le monde est dans cette case-là. On ne va pas laisser le choix à des enfants en leur disant « dis tu préfères manger des animaux ou pas ? », on est directement plongé dans le monde de « manger des animaux c’est normal ». C’est pour ça que c’est super dur de se défaire de l’idée que la viande c’est normal. Quand je n’étais pas encore végétarienne, et que je ne m’étais jamais posé la question de la maltraitance animale, j’étais aussi dans la case « manger de la viande » et ça m’énerve, j’aurais voulu que quelqu’un me pose la question plus tôt. J’aurais aimé qu’on m’informe sur le sujet. J’ai quand même passé 19 ans de ma vie à cautionner cela, juste par manque d’information et par « habitude ». Sur le coup je remercie vraiment la végétalienne extrémiste qui fait partie de mes amis facebook qui, à force d’insulter les omni, m’a fait passer dans le clans des vg ^^ (comme quoi parfois se prendre de haut et agresser les gens peut fonctionner il faut croire) (mais je ne vais pas faire de même pour autant :p )
      Voili voilou, encore merci pour ton intervention, et désolé pour le temps qu’il m’a fallu pour te répondre !

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      • Merci pour ta longue réponse 🙂 Et désolée de mon retard mais j’étais (et je suis encore en plein déménagement ^^). Alors, je vais tenter de reprendre point par point.

        Je te cite : « Tu dis que ce ne sont pas les reportages qui manquent, la par contre je ne suis pas vraiment d’accord. IL y a des reportages sur youtube, mais à la télé je n’en ai jamais vu… La plupart des gens ignore la cruauté des élevages industriels et ne s’y est jms intéressé. Après bien sur, si de nous-même on fait des recherches sur cela, c’est sur qu’il y a des tonnes de reportages, mais encore faut-il penser à faire la recherche …:/ »
        Ce que tu dis m’étonne car si reportages j’ai vu, ça a toujours été à la TV, je n’ai eu internet que tard en fait (il y a 7 ans pour être précise). Et je n’avais pas 15 000 chaînes, seulement les chaînes hertziennes de base. Peut-être est-ce alors un décalage car il me semble que tu es beaucoup plus jeune que moi, il est possible qu’à ton époque, il y en ait moins eu… Ensuite, me concernant (et concernant mon compagnon), nous venons de la campagne, du coup quand on cherchait des petits boulots étant plus jeunes, on tombait facilement sur des jobs en abattoir ou que sais-je encore, c’est pourquoi on sait depuis quasiment toujours comment ça peut se passer. Perso’ je n’ai pas bossé en abattoir, mon père s’y était opposé, il préférait encore que je n’ai pas de job d’été plutôt que de travailler dans des conditions pareilles ; par contre, certains (beaucoup en fait) de mes amis y ont travaillé et sont donc tout à fait au courant de l’horreur de la chose. Je pense que ici, il y a un véritable clivage ville / campagne, j’ai le sentiment que les citadins sont un peu au moins au courant de « tout ça ». Pour mon compagnon (on ne vient pas de la même région et il a des origines étrangères), tuer et manger des animaux a longtemps fait partie de sa vie et c’était tout à fait « normal » vu l’environnement dans lequel il évoluait (île de la Réunion), après il s’est retrouvé dans le centre de la France, et là-bas, comme par chez moi (je suis de la région nantaise), à la campagne c’est quelque chose de « courant » que d’aller chercher un poulet dans la ferme d’à côté, ou bien encore des oeufs ou du lait. Enfin là, je ne parle aucunement d’abattoirs, je parle simplement de gens ayant des petites fermes avec des animaux vivant en plein air, alors ça se fait peut-être un peu moins désormais avec l’arrivée des citadins à la campagne, mais je sais que mes parents ou mes beaux-parents vont encore dans des fermes pour faire du « troc » ou simplement acheter un « vrai » poulet fermier (pas ceux en barquette du supermarché élevés en batterie…). Bon, je me suis un peu éloignée du sujet mais ça t’apporte d’autres éléments de réponse 🙂

        « Et certainement, il y a d’autres manières de lutter contre l’élevage intensif, mais la manière la plus radicale de montrer son opposition c’est tout de même le végéta*isme il me semble. »
        Je n’en suis pas certaine à vrai dire, le végétarisme est une affaire privée au final, qu’une petite partie de la population cesse de consommer des produits d’origine animale ne changera pas grand chose, d’ailleurs tu peux toi-même le constater. Est-ce qu’il y a eu de véritables changements (je parle là de mesures très concrètes) depuis que le végétarisme s’impose peu à peu ? Pas vraiment en fait. Par contre, ça a engendré des conflits entre les VG et les non-VG et ça c’est extrêmement dommageable parce que cela dessert la cause. La question à se poser c’est pourquoi cela devient presque une « guerre » ? Et très sincèrement, je pense que si ça tourne au vinaigre c’est parce que beaucoup de VG se posent en donneurs de leçons, ça me désole que de dire cela, et surtout à toi étant donné que tu n’es pas dans cette optique. Selon moi, si manière radicale il y a, et je l’ai dit dans mon précédent commentaire, ce serait d’en référer aux autorités, institutions ou autres. Car oui les gens veulent manger de la viande, mais pour une grosse partie, ils ne cautionnent pas du tout le massacre de masse. Et là, je pense que les VG ont un rôle à jouer, s’ils prenaient un peu de leur temps pour organiser de véritables discussions sociétales et politiques au lieu de débattre avec leurs potes sur FB (et tu admettras que la plupart du temps, ces débats ne mènent absolument à rien), ce serait un grand pas en avant.

        « Je comprends ton compagnon et tous les revers psychologiques que le fait de « ouvrir les yeux sur la cruauté animale » peut provoquer, au début quand je me renseignais sur le sujet je n’arrêtais pas de pleurer devant des vidéos… Mais donc mtn il est quoi exactement ? Omni ? Ou bien flexitarien ? »
        Mon compagnon mange de tout (surtout du pain et de la salade en fait 😀 ), enfin je vais préciser tout de même, nous sommes tous deux dans l’optique du flexitarisme, seulement tout ça a un coût et nous ne sommes pas assez « à l’aise » financièrement pour être absolument irréprochables si j’ose dire. Il me semble d’ailleurs que parmi tous les courants, le flexitarisme est celui qui revient le plus cher. Je vais être très franche, nous ne souhaitons pas (re)devenir végétariens, tout simplement parce que oui, nous aimons la viande (enfin je dis ça mais finalement les 2/3 de nos repas sont sans viande ni poisson, on cuisine pas mal avec des épices et des ingrédients exotiques, ça peut jouer aussi) mais aussi parce que parfois la vie peut jouer de sales tours (là je parle de santé) et que ce serait extrêmement compliqué d’adopter un régime végétarien ou végétalien. Ceci n’est aucunement une excuse, c’est simplement un fait avéré. Après, comme je te disais, dans la mesure du possible, nous tentons de bien consommer (toujours dans l’optique de la santé d’ailleurs et de l’éthique !), c’est-à-dire que l’on préfère garder notre argent pour acheter un vrai poulet fermier une fois dans le mois plutôt que d’en manger toutes les semaines et qu’il vienne de je ne sais où… Idem pour le poisson ou les fruits de mer, là nous venons de déménager dans mon coin, à Nantes donc, et on est pas loin de l’océan. Alors forcément, on va préférer manger moins de poisson ou de fruits de mer à Nantes et se réserver ça lorsqu’on va aller sur la côte et qu’on pourra nous-même aller à la pêche aux moules (je caricature un peu évidemment mais ce n’est pas faux). Ensuite, je ne peux pas parler à la place de mon mec, mais me concernant depuis toute gamine (avec mes parents en tout cas), je n’ai mangé que très rarement des animaux dont j’ignorais la provenance, idem pour les oeufs ou le lait. On se débrouillait avec les fermiers et point barre. On peut dire que notre but est de tendre à la meilleure consommation possible, autant pour nous que pour les animaux qui n’ont absolument rien à faire dans des usines et/ou abattoirs immondes.

        « Et encore une fois, je te rejoins sur le fait que les discours des vg qui se prennent de haut, n’ont pas lieu d’être. Je pense qu’il faut juste informer, et point. Pas juger, même si c’est dur parfois. Par contre, tout le monde n’est pas ouvert comme toi. Quand je suis devenue végétarienne, rien que le fait que je l’annonce, ça créait des débats, des disputes etc dans ma famille et dans ma grande famille. Quand je sortais un steak vg c’était directement « beurk c’est quoi ce truc immonde ». Enfin tu vois … Dur de rester calme parfois ^^ »
        Je comprends ta problématique, j’y ai moi-même été confrontée et il est vrai que c’est très pesant (surtout quand on ne fait chier personne !), alors quand ça devient systématique, c’est certain que l’énervement peut venir. Mais comme je disais, le respect doit être dans les deux sens. Par exemple, ça me hérisse le poil lorsqu’un VG me parle comme à une demeurée et me dit que je ne comprends rien à rien, que je « ne sais pas », que je ne me « rends pas compte » que je « fais exprès de ne pas comprendre », que je serai incapable de tuer un animal ou de voir un animal se faire tuer. Dans ces moments là je me dis, mais pourquoi cette personne me parle ainsi, elle ne connaît strictement rien de moi, au début ça m’a même choquée parce que les propos étaient extrêmement violents, je me disais « mais euh j’ai fait une connerie ? », enfin j’avais vraiment du mal à comprendre, surtout vu d’où je viens quoi… D’ailleurs, selon moi, les VG qui en viennent à la violence dans leurs propos (quand on ne leur a rien dit de spécial j’entends) ont un souci, je suis désolée de dire ça mais pour moi c’est comme un viandard qui va devenir agressif dès qu’il verra un VG se faire cuire un steak de soja, c’est totalement contre-productif et aberrant… Chez moi, mon père élevait quelques lapins afin de les échanger contre des oeufs, ou du poulet (oui je sais je me répète ^^) alors je sais ce que ça fait que de voir un animal se faire tuer. Par ailleurs, j’en profite pour rebondir sur cette histoire d’amour : quand je vivais chez mes parents, j’avais un lapin nain, le jour où il est mort, mon père a pleuré et lui a creusé une petite tombe. Alors que, à côté de ça, il en élevait 3 ou 4 dans le but de les tuer. Comme quoi, tout n’est pas manichéen, il y a beaucoup de nuances (et non mon père n’est pas un taré, il est simplement… humain 😀 )

        « Et oui bien sur, quand je parle du fait qu’on a le choix de devenir vg, cest pour les pays qui en ont la capacité. Donc les pays modernes. Ceux qui n’ont pas le choix, je ne leur en veut pas du tout de manger de la viande si c’est la seule solution pour qu’ils vivent bien. Mais dans nos pays, je trouve qu’une grosse prise de conscience sur la maltraitance animale (en général) est vachement nécessaire »
        Alors, je trouve ta réponse très intéressante et à vrai dire je ne pensais pas forcément que tu me dirais ça. Je vais t’expliquer pourquoi. Dans mon entourage, il y a plusieurs végétariens, et quelques végétaliens, j’ai parfois parlé de tout ça avec eux. Et j’ai justement soulevé le problème des populations qui ne pouvaient pas faire autrement, car ce n’est pas un mythe ni une façon de se dédouaner, ça existe (je pense notamment à la Sibérie) ! Nous, on a la chance d’avoir le choix justement, d’autres non. Et vois tu, quand j’ai parlé de cela, on m’a quasiment sauté à la gorge. En premier, on me disait que je faisais exprès de parler de ça pour mettre à mal leurs convictions (ce qui est faux, surtout quand on me connaît, et que je sache, on a encore le droit de poser des questions et s’informer, c’est même plutôt une démarche constructive). Et ensuite, certains (pas tous) m’ont dit que si ces gens ne pouvaient pas vivre sans manger de la chair animale, ce serait normal qu’ils disparaissent au profit de la vie des animaux, que c’était l’évolution, etc etc. Je t’avoue que j’ai eu du mal à encaisser ce raisonnement… Du coup, je me suis renseignée et j’ai vu que cela faisait partie du courant « antispéciste » (j’espère que j’utilise le bon mot), et en gros ça signifie que tout le monde est au même niveau, humains comme animaux (à la limite, jusque là, je me dis pourquoi pas), et que si des humains doivent mourir parce que manger de la chair est leur seul moyen de survie, ce n’est pas grave, c’est la « nature » et on a pas à les mettre au-dessus des animaux qu’ils mangent… Alors je ne sais pas si tu es d’accord avec ce raisonnement mais personnellement je le trouve extrêmement choquant, et je trouve également que c’est tout sauf naturel ! Ces peuples vivent ainsi depuis des milliers d’années, ils se battent pour faire perdurer leur mode de vie que nous, petits occidentaux, polluons joyeusement pour extraire du gaz ou du pétrole (et ils ne font pas du tout dans le massacre de masse, tuer un renne par mois pour que la communauté puisse survivre, ça ne me semble pas être un génocide) dans un monde qui tend de plus en plus à l’uniformité et au milieu de tout ça, certains se permettent d’affirmer que désormais, ils sont voués à mourir parce que après tout ce ne sont que des humains et que c’est trop vilain de leur part que de tenter de survivre (je grossis le trait évidemment mais le fond est le même). Alors, je ne sais pas ce que tu en penses mais de mon point de vue, c’est une pensée particulièrement dangereuse…
        Par ailleurs, je m’étais également renseignée au sujet des animaux, qui, si on les relâche dans la nature, sont voués à mourir parce que habitués à être avec des humains (alors là je ne parle même pas des vaches mais simplement des animaux de compagnie comme les chiens, chats, etc.) et on m’a répondu que c’était l’évolution ça aussi. Pour le coup, il s’agissait de personnes qui trouvaient scandaleux qu’on se permette « d’asservir » des animaux. Bon perso’ je n’ai pas le sentiment qu’un chien ou un chat adopté par des gens bienveillants soit malheureux mais bon on va dire que c’est à l’appréciation de chacun. Bref, tout ça pour dire que ces personnes cautionnaient la disparition d’espèces animales. Encore une fois, pour moi, c’est de l’extrémisme lorsqu’on va jusque là, et là aussi je pense que ces gens ont un petit souci… Loin de moi l’idée de vouloir insulter tous les VG du monde, je parle d’un courant bien précis, pas de méprise hein 🙂 Mais, tu peux comprendre que lorsqu’on s’informe et qu’on tombe directement sur des personnes qui tiennent ce discours, on se dit « mais ils sont complètement tarés ou quoi ?  »

        Bon, ma réponse est déjà très longue, je ne sais pas si j’ai répondu à toutes tes questions, n’hésite pas à me le signaler si quelque chose te chiffonne 🙂 Mais, en gros, ce qu’il faut retenir : j’ai un grand respect pour les personnes ayant des convictions, et celle du végétarisme n’est pas plus mauvaise qu’une autre même si moi, on va dire que je suis plus engagée dans des causes impliquant des « humains », je veux dire par là que autant je vais me défoncer pour défendre des sans-papiers, autant le végétarisme, je laisse ça à ceux qui savent faire. Et ce n’est pas pour autant que je les méprise, chacun ses combats. Et ensuite, je suis pour un remaniement à grande échelle pour tout ce qui concerne la protection animale, le jour où dans la vie politique, le débat viendra sur le tapis, j’en serai très heureuse ! Du moins, j’en serai heureuse si des mesures concrètes sont prises et qu’elles ne lèsent personne, que ce soit du côté des humains ou des animaux ; comme je disais précédemment, je ne suis pas pour interdire la viande, je souhaite simplement que l’industrie de la viande ou du poisson s’adapte à nos besoins réels, et soit respectueuse des animaux autant que faire ce peut (oui bizarre de parler de respect quand il s’agit de les tuer, mais je ne trouve pas d’autre mot là).

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  3. Bon, je n’ai pas le courage de tout relire pour citer, je vais essayer de donner mon avis sur tous les points abordés de mémoire ^^

    Je suis personnellement végétarienne car j’aime les animaux. Quand je le suis devenue, j’ai eu une petite période misanthrope, et j’étais un peu comme les VG qui préfèrent les animaux aux humains. Mais je ne devais avoir que 9 ou 10 ans à l’époque, et ma mère (même si elle n’est pas vraiment végétarienne, encore que cela fasse bien longtemps que je n’aie vue manger de la viande) m’a vite remise sur le droit chemin ^^
    Au début, j’avais comme toi du mal à tenir ma langue et je voulais partager mon opinion, mais je devais aussi être un peu accusatrice.
    Après j’ai vite appris, et maintenant j’essaie juste de faire un petit commentaire par-ci par-là. Malheureusement, même si je n’ai pas un entourage fermé au végétarisme, je n’ai pas l’impression de faire beaucoup avancer leur pensée (je n’entends pas par là forcément les convaincre, mais au moins les amener à réfléchir sur le sujet).

    Je suis d’accord avec Bloody Anna sur le fait qu’être végétarien n’est pas forcément le seul moyen de protester, mais comme tu dis, c’est le moyen le plus radical, je trouve. Dans notre pays, il est difficile de véritablement respecter les animaux et ensuite les manger. Après, il y a la situation des petites fermes etc décrite par Bloody Anna, mais c’est vraiment rare, il me semble, et pas accessible à tout le monde. Et même pour moi, je ne suis pas sûre que je pourrais faire cela en ayant l’impression de respecter les animaux. Mais à ce niveau, c’est vraiment une question d’avis, je pense, car j’aime vraiment les animaux, donc il s’agit vraiment de sensibilité, et pas uniquement de logique, on va dire.
    Et bien sûr, comme vous l’avez dit, selon les pays (je pense également surtout à la Sibérie) où la viande est indispensable ; et puis les animaux font souvent partie intégrante de leur vie, et ne sont pas simplement traités comme des objets.

    Par contre, je suis aussi d’accord sur le fait que les végétaux on droit à autant d’attention que les animaux, et qu’il s’agit toujours de la vie. Ils ne ressentent peut-être pas la douleur et ne pensent peut-être pas, mais il s’agit toujours d’êtres vivants. D’ailleurs j’aime beaucoup les plantes aussi. En revanche, nous sommes évidemment obligés de les manger, pour le coup. Mais bien sûr, la façon dont elles sont traitées, dans l’agriculture indutrielle notamment, leur fait autant de tort qu’aux animaux.

    En fait, je me posais une question : tu dis que tu ne sais pas vraiment si tu es végétarienne, végétalienne ou végane, mais je ne comprends pas comment on peut être entre chaque. Je veux dire, à partir du moment où on mange quelque chose qui contient du lait par exemple, on n’est pas végétalien (et donc pas végan).

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    • Merci de m’avoir donné ton témoignage et avis! La raison pour laquelle je suis végétarienne, c’est aussi principalement parce que j’aime les animaux! Puis après j’ai découvert qu’il y avait en fait pleins d’autres raisons pour ne plus consommer de viande, donc je me dis que c’est tant mieux hein 😀 Et j’ai aussi eu une période végétarienne vers 10 ans, et j’ai aussi été remise sur le « chemin normal » par mes parents, puis seulement vers 18 ans je suis redevenue végétarienne complètement! En fait, je ne suis que végétarienne (malheureusement) mais j’ai des tendances véganes/végétaliennes dans le sens ou je remplace le lait par du lait de soja/riz, et que je ne mange presque plus de fromage (mais ça j’ai vraiment du mal). Je n’achète plus de cuir, ni de fourrure bien sur, et mes oeufs viennent de poules de chez moi. Voilà pourquoi je dirais que j’ai des « tendances » végétaliennes/véganes mais c’est vrai que je suis végétarienne avant tout 🙂

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